Evidemment, après onze ans passés ici, une telle déclaration ne me surprend pas. De fait, la ville s'est métamorphosée sur le plan culinaire, grâce à la fois à la naissance d'une nouvelle cuisine britannique raffinée et à une offre internationale innovante. Ainsi, sur les 43 étoiles attribuées à Londres par le guide Michelin 2011, on trouve des restaurants anglais mais aussi chinois, japonais ou indiens, et même un pub –preuve que la gastronomie n'est limitée ni aux traditions purement locales ni aux grands établissements.
Comment donc expliquer une telle transformation? En tant que Française, je ne peux m'empêcher d'y voir l'empreinte de mes compatriotes, depuis les frères Roux et Pierre Koffman, pionniers en leur temps, jusqu'à Hélène Darroze, Alain Ducasse, Pierre Gagnaire ou Joël Robuchon plus récemment. Le fait que de grands chefs Made in Britain comme Gordon Ramsay aient été formés en France ne fait qu'accroître cette influence.
Mais il y a plus. Dans les années 90, Londres s'est ainsi découvert une passion pour les sorties aux restaus -nourries en partie par les immenses bonus de la City- et pour la cuisine maison, les programmes télés sur le sujet élevant leurs présentateurs, tels Jamie Oliver, au statut de rock star. Et même si cette époque semble aujourd'hui révolue, le goût pour la bonne bouffe demeure. Ainsi, si Michonnet revenait aujourd'hui, il n'en croirait pas ses yeux... ou son estomac.
Cette article a d'abord été publié dans le numéro de mars de Metropolitan, le magazine d'Eurostar

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