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François Langlade : Financier Londonien, Auteur de Romans

Comme beaucoup de Franco-Londoniens, François Langlade (50 ans) a fait carrière dans la finance, passant notamment chez Goldman Sachs et Crédit Suisse avant de rejoindre le fond d’investissements Pamplona Capital Management. Contrairement aux financiers classiques cependant, ce diplômé de l’ESSEC est aussi l’auteur de quatre romans historiques, et a été fait Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres par l’ambassadeur de France en avril dernier en reconnaissance de sa contribution à la culture française. Londonien depuis 1993, il vit à Knightsbridge avec sa femme et leurs trois filles.

Qu'est-ce qui vous a donné l'idée de devenir romancier? J'écris depuis l'âge de 15 ans, ayant ainsi participé dès ma jeunesse à la rédaction d'articles pour des revues étudiantes et à des concours. Du coup, la littérature a toujours tenu une place essentielle dans ma vie, en parallèle de ma carrière professionnelle dans la finance. J'ai commencé avec de la poésie et des nouvelles, mais l'aventure du roman n'a vraiment débuté qu'en 2002, avec la publication de mon premier texte, Le Manuscrit de Glyndebourne, situé à l'époque de l'Angleterre victorienne. Depuis, l'écriture des romans s'est enchaînée naturellement, avec la parution de Monsieur Etienne, qui se déroule sous la Révolution française, puis de La Pertinax, au temps de l'Empire, et aujourd'hui avec Les Vies sauvées d'Alexander Vielski, qui se passe dans l'URSS des années 1947-50.

Comment avez-vous choisi le thème de ce livre, qui traite des expériences scientifiques menées sur des cobayes humains sous Staline? L'idée qu'à peine quelques années après la découverte de la Shoah, la politique antisémite de Staline ait pu pousser son « laboratoire des poisons », situé dans les sous-sols de la Loubianka, à tester ses toxines mortelles sur des prisonniers politiques vivants, juifs pour la plupart, m'a vraiment bouleversé et choqué. En même temps, j'y ai décelé une fantastique matière romanesque, qui n'avait jamais été exploitée auparavant par la littérature en général et l'univers du roman en particulier.

Comment arrivez-vous à mener de front une carrière dans la finance à Londres avec un métier d'écrivain? Ce n'est évidemment pas facile, car les contraintes de temps doivent être dépassées, avec des priorités professionnelles à gérer, ce qui implique beaucoup de discipline et de volonté. Mais l'écriture constituant pour moi un besoin vital, je ne me pose pas véritablement la question. Je crois aussi beaucoup à la multi-dimension des êtres, et au fait que les activités de la vie ne sont pas étanches.

Jugez-vous que vos deux occupations sont complémentaires, et vous servez-vous de l'une pour nourrir l'autre? Absolument. Cultiver sa sensibilité me paraît fondamental pour parvenir à une certaine forme de réussite, voire de bonheur. L'imagination, l'intuition sont aussi souvent très utiles dans des activités où, en principe, on croit qu'il n'y a de la place que pour le tangible. Enfin, il y a une part de recherche et de structuration de la pensée dans l'écriture d'un roman. Les différents contextes historiques de mes romans m'ont permis de voyager dans le temps et l'espace. C'est une expérience magique, proprement chamanique. On puise dans le réel, présent et passé, et l'on peut ainsi créer un univers, un monde à part entière, à la lisière de la fiction.

Quel est votre prochain projet? Après Paris en 1793 et Moscou en 1948, j'avoue que j'ai un peu besoin de douceur et de lumière. Je ne suis pas encore sûr, mais mon prochain roman pourrait bien m'amener à voyager vers des terres lointaines, plus exotiques.

François Langlade sera au French Bookshop, 28 Bute Street, SW7 (South Kensington) aujourd'hui entre 17h30 et 20h, où il dédicacera son nouveau roman, Les vies sauvées d'Alexander Vielski, paru aux éditions Robert Laffont. 

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