Le baron David de Rothschild s'adressant aux invités
La salle de banquets du Parlement britannique n'avait sans doute jamais autant vu de Français que mercredi dernier, quand 160 des 700 anciens élèves de Sciences-Po résidant à Londres et leurs invités ont débarqué pour dîner lors de leur second gala caritatif, à la grande surprise des policiers menant garde ce soir-là, stupéfaits de voir soudain tant de « Froggies » dans cette illustre enceinte !
La soirée était organisée par le Sciences-Po Alumni UK Trust, une association caritative formée en avril 2008 par Stéphane Rambosson, Cécile d'Angelin et Maëva Slotine (assistés de Julien Artero, Stefan Lavau et Stéphanie Morisset), avec pour objectif d'offrir des bourses aux étudiants de Sciences-Po souhaitant étudier à la London School of Economics. Simiso Velempini, une Zimbabwéienne de 26 ans, a reçu le prix Assia de Juniac (nommé d'après la fondatrice de l'association des Anciens sciences-Po de Grande-Bretagne), tandis que l'Allemand Viktor Siebert remportait le prix Roger Seydoux.
Le gala était par ailleurs sponsorisé par Arnaud Vaissié, le PDG d'International SOS, et Laurence Borde, qui dirige l'agence de communication Media Tree, tandis que Pascal Cagni, autre « ancien » et PDG d'Apple EMEA, s'était chargé pour la seconde année consécutive de fournir en iPods la tombola.
La soirée à Westminster, rendue possible grâce au député travailliste et ancien ministre de l'Europe Denis MacShane, qui était ce soir-là l'hôte officiel de Sciences-Po, s'est déroulée sous le patronage de Maurice Gourdault-Montagne, ambassadeur de France à Londres (Sciences-Po 1975), avec en guest-speaker le baron David de Rothschild (Sciences-Po 1966). Richard Descoings, directeur de Sciences-Po, et Jean-Emmanuel Combes, le président des Anciens Sciences-Po (et senior partner de Price Waterhouse Cooper) s'étaient déplacés de Paris pour l'occasion.
La liste d'invités se lisait d'ailleurs comme un « Who's Who » de la finance londonienne, avec la participation -entre autres- de Benoit d'Angelin, fondateur d'Ondra Partners, Charles de Croisset, conseiller Senior de Goldman Sachs et ancien PDG de la CCF, Bernard Gault, fondateur de Perella Weinberg, Jean-Pierre Mustier, ancien PDG de la Banque d'investissement et de financement de la Société Générale, Laurent Haziza, partner chez Rothschild, Bertrand Coste, fondateur de Clerville, Gaël de La Rochère, partner du groupe Wendel, et Michaël Zaoui, ancien responsable des fusions-acquisitions chez Morgan Stanley.
Sciences-PO, « l'usine à élite française »
Fondé à Paris en 1872 sous la Troisième République afin de moderniser la formation des politiciens, l'Institut d'Etudes Politiques de Paris (« Sciences-Po ») -décrit en 2001 par le magazine The Economist comme « la plus grande des grandes écoles, ayant produit l'élite politique, administrative et économique de la France depuis Napoléon »- compte parmi ses anciens élèves 28 présidents et Premiers ministres français, ainsi que douze chefs d'Etat étrangers.
Son influence dans le monde des relations internationales et des affaires est, comme en politique, également très marquée. La liste de ses anciens inclut ainsi Pierre de Coubertin, fondateur des Jeux Olympiques modernes, Boutros Boutros-Ghali, ancien Secrétaire Général de l'ONU, Pascal Lamy, directeur de l'OMC, Jean-Claude Trichet, président de la Banque Centrale Européenne, et Dominique Strauss-Kahn, président du FMI, tandis que l'école peut se vanter d'avoir formé quatorze des patrons à la tête des quarante plus grosses entreprises françaises.
L'écrivain Marcel Proust, le philosophe Bernard-Henri Lévy et l'ancien président de Harvard Derek Bok font par ailleurs partie des intellectuels formés sur les bancs de la rue Saint-Guillaume, de même que (plus étonnamment) Christian Dior, Caroline de Monaco et Bianca Jagger : preuve s'il en est de l'unique influence de cette institution !

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